Ce soir j'ai rencontré Y, un naturel qui a rejoint la communauté récemment (depuis notre meeting/conférence séduction du Lair Atlantique du 11 Novembre).
L'une des qualités qui m'a frappé chez lui la première fois que je l'ai rencontré, c'est qu'il vit dans sa réalité. Il est fermement en possession de sa frame (si vous n'êtes pas habitué avec cette notion je vous recommande la lecture de la définition de la théorie des frames).
Dans la communauté de séduction, c'est quelque chose de rare. Souvent, les "nouveaux" membres de la communauté (AFC ou naturals fraîchement débarqués) que j'ai rencontré pour la première fois ont une frame très fragile. Ca se matérialise de l'une de ces deux façons :
- Arriver à notre rendez-vous en étant par avance impressionné par tout ce que je vais dire ou faire. Etre spectateur. Vouloir faire tout à l'identique. Vouloir copier mon lifestyle. Vivre dans MA réalité.
- Arriver à notre rendez-vous en étant par avance critique sur tout ce que je vais dire ou faire. Etre spectateur (pour trouver les failles). Vouloir montrer qu'on en sait davantage en citant sans cesse machinPUA ou Gurutrucmuche. Voir tout ce qui manque dans mon approche du pick-up par rapport à untel ou untel. Chercher à se valider devant moi en m'AMOGeant. Bref... Vouloir occulter ma réalité. Donc vivre dans MA réalité.
Je généralise volontairement, mais la plupart des membres un peu "connus" de la communauté pourront témoigner de ce phénomène. Au final on se retrouve avec un spectateur (observateur ou admirateur ou critique) et pas un wing, ni quelqu'un avec qui on peut avoir une discussion enrichissante.
J'ai déjà râlé contre mes collègues du Lair à ses débuts à cause de ça. Moi-même j'ai été comme ça la première fois que j'ai rencontré Phénix.Mais ça encore, c'est pas trop grave. Je suis d'ailleurs assez content de constater qu'à l'heure actuelle, les membres du Lair que j'ai coaché de près ou de loin ont une frame beaucoup plus solide et vivent dans LEUR réalité pas la MIENNE.
Mais pour d'autres, le problème n'est pas réglé.
Il y a des mecs, que j'ai rencontré in real life ou juste sur Internet, qui veulent être moi. Et veulent se mettre à la salsa sans savoir pourquoi et sans réaliser l'engagement que ce lifestyle représente. D'autres se mettent à la magie parce qu'ils ont un pote naturel qui en fait, ou qu'ils veulent être Mystery. D'autres veulent être Phenix. Ou Jibril. Ou Spike.
Je ne sais pas s'il faut en rire ou en pleurer.
Vivre dans la réalité (ou contre la réalité) d'un autre, c'est généralement la manifestation d'un mal plus grave : confondre la valeur des gens et leur statut.
J'explique.
Votre statut est une évaluation objective ou subjective de vos capacités ou de vos qualités dans un domaine précis de votre vie. Il peut se chiffrer, ou du moins, se comparer au statut de quelqu'un d'autre. A titre d'exemple :
- Votre statut social
Si vous êtes une personnalité publique (star internationale, personnalité politique), vous avez un statut supérieur à un people (fausse star, artiste raté, nouveau riche) qui lui-même a un statut social supérieur au quidam (que personne ne connaît à part sa famille et ses collègues).
- Votre statut financier
S'évalue en espèces sonnantes et trébuchantes, en portefeuilles d'actions... - Votre statut reproductif
Si vous êtes sorti avec 10 stars hollywoodiennes en 2006, votre statut est supérieur à celui d'un homme qui serait sorti avec 9 jolies stagiaires de son boulot, qui sera supérieur à celui du quidam qui est sorti avec 2 filles dans l'année, et en dernier dans l'échelle viendra l'AFC qui est encore puceau à 30 ans.
La liste continue ; on pourrait définir un "statut" pour chaque échelle concrète ou fictive sur laquelle on peut évaluer votre niveau actuel ou potentiel.
Malheureusement, on confond souvent un statut, qui est une grandeur mesurable, à une seule dimension, avec la valeur de la personne concernée.
Avez-vous déjà rencontré une personne qui juge les autres uniquement sur un aspect de leur vie ? J'en ai vu beaucoup. Des personnes qui considèrent que votre vie se juge à sa religiosité et que vous êtes bon à jeter si vous n'êtes pas "un bon croyant". D'autres pour qui la danse prend une telle part de leur vie, que leur intérêt pour vous est directement proportionnel à votre capacité à bouger vos membres en rythme. Et enfin des AFCs qui viennent de découvrir la communauté, idolâtrent les PUAs et rejettent leurs anciens amis parce qu'ils ne sont "que de pauvres AFCs irrécupérables".
Ces personnes sont faciles à repérer, ce sont en général les mêmes qui manifestent du mépris. S'il vous est arrivé de ressentir au fond de vous du mépris pour quelqu'un ou un groupe de personnes, alors vous êtes sans doute l'un de ces monomaniaques. Si vous considérez de haut les gens plus pauvres que vous, ou plus paumés, ou les mendiants, ou les étrangers, ou les femmes, ou les chômeurs, ou qui que ce soit que vous pensiez de "valeur" inférieure à vous, alors vous voyez le monde avec des oeillères. Désolé de vous dire ça, mais vous confondez un peu tout.
Un autre symptôme fréquent : la versatilité. En présence d'une personne de statut supérieur, vous comportez-vous différemment ? Etes-vous plus soumis, riez-vous aux plaisanteries les moins drôles, passez-vous votre temps à vous toucher les cheveux (pour les filles) ou à essayer de vous qualifier pour vous montrer à la hauteur ? Entrez-vous dans la réalité de cette personne ? Si vous pensez blanc et que cette personne vous dit noir, votre esprit critique est-il encore présent ou votre avis change-t-il comme par magie ?
La valeur des gens ne s'évalue pas de 1 à 10 sur l'échelle d'un statut quelconque !
Je ne suis pas un meilleur être humain que vous parce que je suis meilleur que vous pour draguer, ou rédiger des articles sur la drague. Je ne suis pas un être humain de moins de valeur que l'abbé Pierre parce que je n'ai pas dévoué ma vie à la cause des sans-abri.
Je ne suis pas différent dans ma façon d'agir avec un sans-abri, avec la famille de ma petite amie, avec un premier ministre ou avec une top model. Je ne me sens ni inférieur ni supérieur à personne. Je vis dans MA réalité.
J'ai eu l'occasion de débattre âprement avec aRise qui pensait que l'imitation était la forme la plus sincère d'admiration, et ne voyait aucun problème à être copié par ses élèves devenus "disciples". Je ne suis pas d'accord avec cette vision.
Quand je vois un mec vouloir entrer trop vite dans ma réalité et vouloir devenir MOI, je ne me sens ni flatté, ni inquiet. Je trouve juste que c'est un énorme gâchis.
Qui pourrait bien vouloir être moi ? Je ne le veux pas moi-même. Soyons sérieux : j'ai une vie géniale, dont je suis plutôt content, mais si je travaille aussi dur, et si je suis encore en train de rédiger des articles à 3h50 du matin, c'est bien parce que je veux DAVANTAGE de la vie. J'ai fait tellement de progrès au cours des 2 dernières années que je ne peux même pas imaginer à quel point je serai grandiose en 2008... 2010... 2020.
Alors pourquoi vouloir être moi ? Ou Phenix ? Ou Spike ? Ou un autre ? Viser à devenir ce que cette personne que vous admirez est aujourd'hui, c'est courir derrière un fantôme.
Visez plus haut. Et enlevez vos oeillères.
SBN
4 Commentaires Ajoutez un commentaire !
1. Ji ndo | à 16:20
C'est ton meilleur article, rien à ajouter.
2. dan | à 14:10
On en revient au fait que la vraie liberté est celle de pouvoir être soi-même, ou de pouvoir faire ce que l'on veut faire, sans se soucier des statuts et valeurs sociales (ou majoritaires dans la société), et finalement, sans se soucier de ce que les autres vont penser.
Le point que tu fais sur les personnes avec des frames fragiles, (reconnaissables au mépris + versatilité dont ils font preuve) est très instructif, parce que beaucoup on une part d'eux mêmes avec cette tendance (et j'en fait probablement un peu partie, notamment pour la versatilité, un peu).
Et sinon, je pense que c'est un concept qui dépasse les limites de la sarge. Ceux qui ont une frame fragile dans la vie sont souvent influençés par ceux qui sont plus ancrés dans leur frame. (Pour employer le vocabulaire PUA).
Avoir une frame solide permet de s'affirmer et de s'épanouir indépendamment des valeurs courantes de la société (genre le statut social) ou des autres personnes. Enfin, après y'a d'autres trucs qui entrent en jeu mais ça compte vachement.
Pour l'imitation, sans vouloir relancer le débat, ça peut être bien au début, histoire d'initier une élévation de conscience (ou affirmation de frame). Après, je suis d'accord avec toi. Comme dit un proverbe boudhiste (de mémoire) "Si tu rencontre un buddha sur ta route, tue le". Parce que trop suivre un guide c'est ne pas SE suivre.
Allez, j'arrête là de paraphraser ton article, (que j'ai d'ailleurs bien aimé et qui va d'ailleurs m'aider dans mon but principal : "me foutre complètement de ce que les gens pensent de moi, faire ce que je veux faire, et aimer les gens et la vie", ça sonne ptet niais mais jmen fou ;) )
3. Mister Z | à 19:37
"La valeur des gens ne s'évalue pas de 1 à 10 sur l'échelle d'un statut quelconque !"
Corollaire: sur quoi s'évalue la valeur des gens ?
Suis-je un monomaniaque parce que j'évalue la valeur des gens sur leur recul par rapport à eux-mêmes et/ou leur volonté d'agir ?
A te lire je comprend que je suis dans ce cas du "monomaniaque qui évalut les choses par rapport à un statut" mais je ne pense pas cependant avoir tort de l'être.
J'évalue la valeur d'une personne à sa capacité à changer/s'améliorer/prendre du recul sur soi même et les choses. Je méprise les procrastinateurs (même si je le suis souvent). J'admire les PUAs ex-AFCS, les ex-obèse, et Milton Erickson.
Ton article vas-t-il contre ce point de vue (et dans ce cas une explication plus approfondie m'interesse) ou bien est-ce que je fais une erreur dans ma réponse en assimilant une capacité à un statut ?
Mais je parle, je parle, et mon jogging prend du retard ;)
4. Endy | à 01:24
Bonjour,
Je viens de trouver enfin ce site (je me demandais ce que devenait SBN ;) et j'ai lu tous les articles précédent celui-ci, sans rien dire.
Mais là, j'ai envie de réagir. Et de dire
"Bel article"
C'est tout, et ça ne veut pas dire que les autres ne sont pas bien. Non, mais celui là m'a plus touché, et il est bien écrit.
Bonne continuation !
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