le 15/04/2007
Depuis mon entrée dans la communauté de séduction, je n'ai pas cessé d'entendre ce conseil : SORTEZ DE VOTRE ZONE DE CONFORT. En réfléchissant rétrospectivement, j'ai effectivement suivi ce conseil. Pendant un temps.
Et ça n'a pas marché.
Si parler à une inconnue en boîte de nuit, sans raison autre que de vouloir se la faire, n'est pas dans votre zone de confort (autrement dit, si vous ne savez pas faire ET vous n'aimez pas faire), alors décider de faire un bootcamp boîte de nuit où vous allez parler à toutes les filles, et prendre un râteau toutes les 30 secondes, va tout simplement vous renforcer dans la croyance que la drague en boîte de nuit n'est ni agréable ni efficace pour vous.
Sauter hors de sa zone de confort n'est pas forcément la meilleure solution. Courir sur des braises ardentes dans votre jardin ne fera pas de vous un fakir, mais plus vraisemblablement un brûlé au second degré. Si votre but est vraiment d'aller d'un bout à l'autre de ce chemin de braises, vous avez quatre solutions :
- Courir bêtement (force brute)
- Marcher à côté des braises et pas dessus (raisonnement pragmatique)
- Refroidir ou laisser refroidir les braises (travailler sur l'environnement)
- Apprendre à marcher sur des braises (travail sur soi)
Dans cet article, je ne vais pas évoquer la solution n°1, parce que c'est celle que tout le monde adopte par défaut. C'est celle qui fait que vous perdez peut-être votre temps à draguer dans la rue.
La solution n°2, celle du raisonnement pragmatique, revient à apprendre à réfléchir hors du cadre que les autres ont choisi pour vous. C'est un peu comme apprendre à tracer un rectangle avec trois traits seulement.
Cette méthode exclut la notion de zone de confort car elle est purement logique. Si le but que je me suis fixé est de choper ce soir et que je l'ai déjà fait par le passé, alors un moyen de choper ce soir est de reproduire le scénario passé. C'est fait, c'est dans la zone de confort. Bien sûr, si cet objectif n'a jamais été atteint par le passé, il est impossible d'utiliser la méthode 2, par manque de références.
Cet article donne donc quelques pistes pour les méthodes 3 et 4 : travailler sur l'environnement, ou sur soi.
Je n'aime pas aborder une inconnue dans la rue, quand j'ai fait moins de 5h de sommeil la veille et que je n'ai absolument pas la motivation sexuelle ou affective d'accoster vu que mon couple se porte très bien.
Sincèrement.
Il y a des fois, même souvent, où accoster une fille, placer une fausse contrainte de temps ("je te prends juste une minute...") et lui demander son avis,mon chemin, ou la faire sourire, ça ne me tente pas du tout.
Mais, d'un autre côté, faire sourire une inconnue dans la rue, improviser une séance de salsa dans le tramway, me faire inviter avec Checkout à prendre le thé à 2h du mat chez une fille à qui on a juste posé une question sur les fringues, me faire complimenter sur ma technique d'accoste par une fille qui tient à la main le magazine ISA d'Avril dans lequel on parle de notre communauté de dragueurs...!
Je ne peux pas passer à côté de ce genre de moments. J'aime trop ce fucking game. Comment ai-je donc fait pour continuer à profiter du plaisir du jeu de la séduction sans sortir de ma zone de confort ?
Travail sur l'environnement
Métaphore.
Nous sommes sur une île déserte. Il faut pêcher pour se nourrir. Je suis le genre de mec que ça énerverait de rester debout pendant des heures un harpon à la main. Alors, pendant que d'autres me hurleraient à longueur de journée "just do it"... Je chercherais un autre moyen. Et j'inventerais la canne à pêche.
J'ai travaillé sur mon environnement. Sur mon style de vie. A l'heure actuelle, je ne peux pas ne pas rencontrer de nouvelles personnes en permanence. Je travaille dans un bar deux soirs par semaine. Je dirige un Lair et je "dois" donc sortir avec les membres et accueillir les nouveaux. J'ai pris des engagements.
Je me suis créé un cercle d'amies filles ("pawns" / "pivots"), qui m'aident volontiers à en draguer d'autres. Je ne vais pas en boîte tout seul comme un affamé, j'y vais avec une fille à chaque bras et je n'ai pas à lutter pour me mettre dans un état d'esprit positif. Je m'amuse. Il y a des filles partout. D'autres viennent se planter à proximité. Et c'est parti. J'ai créé des opportunités.
Quand je sors avec un membre du Lair, je respecte les règles du wingman : c'est celui qui accoste qui choisit sa cible (sauf avec Checkout mais c'est une longue histoire). Je peux donc sortir de chez moi autant de fois que je veux par semaine et avoir ma dose d'interactions hommes/femmes en tant que Wingman d'Or© du Lair Atlantique. J'ai les avantages sans sortir de ma zone de confort.
Eh oui. Parce que quand on y pense... Qui a dit qu'on était obligé d'aborder soi-même un maximum ? Est-ce que vous l'avez conclu par vous-même ou est-ce qu'on vous a imprimé cette croyance limitante ?
Je le répète : bien que je continue d'aborder les filles qui ont "ce petit quelque chose en plus", ou pour aider les nouveaux à se bouger, en-dehors de ça je n'ai pas besoin d'accoster. Les opportunités viennent toutes seules.
Donc en fait, quand j'aborde, c'est pour le plaisir. Et vous ?
Travail sur soi
Le paragraphe "travail sur l'environnement" n'est pas là pour faire croire qu'on peut devenir un PUA sans se remettre en cause. Il est simplement là pour remettre en question quelques croyances trop vite absorbées et régurgitées au sein de la communauté. Mais on ne mûrit que si on travaille sur soi.
Pouvoir acquérir des amies et apprendre à "pawner" avec elles, créer un Lair de séduction, travailler en contact avec les gens... ça a nécessité beaucoup de travail personnel.
Ma zone de confort d'aujourd'hui n'a rien à voir avec celle que j'avais il y a deux ans. En fait, j'ai même dû faire quelques progrès très difficiles pour pouvoir choisir cette "voie de la facilité".
Par exemple, une des premières choses que j'ai découvert en commençant à sarger, c'est que si on veut s'économiser l'effort d'aborder en grosse quantité (jouer sur le nombre), il faut faire dans la qualité.
SBN tu fais chier, à chaque fois qu'on fait un set avec toi, il dure minimum 30 minutes !
- Checkout
Bien que le principe de jouer sur le nombre soit logique, et soit la solution préférée de beaucoup de players, je préfère faire choisir davantage mes sets et les faire durer (le concept de persistance !). Le weekend dernier a encore prouvé que le simple fait de rester à discuter avec une fille un peu plus longtemps peut produire des phénomènes paranormaux et l'apparition magique de numéros de téléphone. Eh bien, ce "un peu plus longtemps" n'a pas été simple à acquérir. Si vous vous éjectez encore des groupes que vous abordez, sans raison valable, alors vous avez encore du boulot sur la planche. Les petits détails qui font qu'une conversation avec une fille accroche "un peu plus longtemps" et que ça mène à un résultat, ne sont pas le fruit du hasard. Ce n'est pas arrivé tout seul.
Non, c'est pas "normal" ! Il y a des mois de travail, derrière ça !
- Illiad, en colère
En relisant le brouillon de mon article, je m'aperçois qu'il est important que je relativise : quand je dis que j'aborde peu, ça représente quand même 1000 accostes en 2006. Oui, c'est beaucoup de "travail". Oui, il y a du travail derrière les 4 ou 5 phrases que je ressors presque à chaque fois, ou derrière les astuces loufoques de drague en tramway que j'ai rédigées. Il y a des dizaines, voire des centaines, d'approches ratées ou imparfaites pour arriver au bon timing ou à la bonne formulation. Il y a énormément de remise en cause là-dedans.
Il y a derrière mes résultats actuels un gros boulot d'élargissement de mes horizons et de ma zone de confort.
Ce que j'aimerais voir plus souvent, ce sont des players qui :
- sont capables d'identifier les limites de leur zone de confort (leurs sticking points)
- travaillent à élargir les limites de cette zone de confort
Et non pas, comme on en croise à chaque coin de FR-bootcamp, des players qui :
- n'ont aucune idée de leurs capacités actuelles,
- essaient de sauter hors de leur zone de confort, sans en connaître les limites, et donc :
- progressent peu ou pas du tout car ils font des choses qu'ils savent déjà faire en fait : faire un bootcamp de Grand N'importe Quoi alors que votre problème est que vous êtes incapable de structurer vos approches, c'est idiot.
- progressent ou pas du tout car ils démarrent directement dans une zone d'échec total, trop loin de leurs limites. On ne commence pas un programme de muscu par les poids les plus lourds quand on a la carrure d'une "crevette anorexique" (© Frenchkiss)
Ne sortez pas de votre zone de confort. Déterminez ses limites ! Et élargissez-la.
Vos commentaires / réactions sont les bienvenus.
SBN
7 Commentaires Ajoutez un commentaire !
1. Jindo | le 15/04/2007
Bien vu grand chef, repousser sa CZ, ce n'est pas s'en affranchir épisodiquement (je sais de quoi je parles)
2. Neric | le 15/04/2007
J'aime bien ce post. Il traduit pas mal ce que j'avais compris de mes lectures (c'est rassurant pour un débutant). A savoir que sortir de sa zone de confort pour en sortir n'est pas forcément bon, il faut avant tout savoir pourquoi notre zone de confort est limitée et ensuite travailler sur les points nécessaires à son élargissement.
Ce post est interessant pour les débutants comme moi, ça permet de ranger un peu le comportement kamikaze et de réfléchir sainement sur le développement de notre zone de confort.
Merci SBN!
3. MissQ | le 17/04/2007
Très très interessant que cette vision masculine de la drague !
Il est vraie que lorsque l'on prend confiance en soi, on n'a guère besoin de "chercher" c'est comme si une enseigne ce mettait en marche pour annoncer qu'on est super open !
c'est indéniable et tellement pratique !
kiss
4. TightEnd29 | le 17/04/2007
Article intéressant mais si je puis me permettre, je vais livrer mon analye. J'ai l'impression que tu joues sur les mots, parce que sortir de sa zone de confort et élargir sa zone de confort, c'est la même chose : comment vouloir sortir d'une pièce sans savoir où est la porte... A moins biensûr de faire le kamikaze et passer par la fenêtre. Il me semble ton article est quand même très utile dans la mesure où il montre que se connaître soi-même, c'est très important. Mais je le redis, pour moi, quelqu'un qui veut sortir de sa zone de confort et progresser a NECESSAIREMENT pris conscience de ses limites et travaille forcément en partant de sa CZ.
TE29
5. MissQ | le 18/04/2007
j'ai le droit de dire qu'élargir et soritr n esont guère les même choses ?
élargir sa zone confort est une façon de de développer la zone dans laquelle on aime être ou l'on se sent bien et donc garder le même panel de connaissance
en revanche sortir de sa zone implique d'engager tout en gardant sa zone de confort un autre panel de connaissance !
Effectivement dans les deux cas, il faut avoir une maitrise complète de soi ! au quel cas on ne peu ni élargir ni sortir puisque la zone n'est pas définie !
enfin c'est mon humble avis !
kiss
6. Belgarath | le 19/04/2007
Très bon article. Juste.
Encore faut-il, dans un premier temps, savoir ce qu'est sa propre zone de confort...
Je fais à peu près la même chose sauf que j'en ai une autre représentation plus intérieure qu'extérieure, dirons-nous. Mais du blanc bonnet, bonnet blanc.
Je fais en sorte que l'on vienne dans ma propre zone de confort. Je propage hors de moi ce que j'ai en positif, comme une sorte de nuage attractif contaminant. Certaines sont vaccinées, d'autres pas. Celles qui sont faits du même bois que moi sont attirées et les autres...Les autres qu'elles aillent au diable! Je suis pas une prostitué et je bosse pas à l'heure.
Comme tu le dis très justement, il faut pour cela se fixer des objectifs plus qualitatifs que quantitatifs.
Choix de vie.
Dans cette optique: La qualité c'est le solde créditeur, le plus. La quantité, le découvert plus ou moins autorisé.
Pour les débutants (j'aime pas trop ce mot , car souvent mal connoté dans l'esprit des concernés), commencez par ne pas faire de crédit à la consommation, pas d'hypothèque sur l'ego, on éponge ses dettes et on dresse un budget.
Belgarath
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