J'ai beaucoup parlé sur ce blog et sur les forums d'identité et de mission personnelle. Votre identité est la façon unique dont vous pouvez répondre à la question : « Qui êtes-vous ? » tandis que votre mission personnelle est la réponse à la question : « Pourquoi êtes-vous là ? »
David Lefrançois, psychosociologue et coach émérite, aime à mettre l'accent sur une notion qui dérive des deux précédentes, celle de votre « légende personnelle » : Quel impact votre présence aura-t-elle laissé ? Que contera-t-on (ou que pourrait-on conter) de votre vie ?
Méritez-vous une légende personnelle ?
Je me souviens avoir disserté avec grand plaisir au baccalauréat sur la problématique « Toute vie mérite-t-elle d'être contée ? »
Je suis profondément convaincu que oui. Nous venons tous au monde avec le potentiel de réaliser de grandes choses. Le plus humble des syndicalistes ou des paysans peut renverser un Etat, libérer une colonie, l'histoire l'a prouvé. L'étudiant le plus fauché, obligé de travailler dans une pizzeria pour financer ses études, peut en faire l'un des plus grands empires internationaux de la restauration. La bibliographie des livres de développement personnel est pleine des histoires de ceux qui ont laissé un exemple grandiose de réussite. Les livres d'Histoire... les livres d'Histoire en sont eux aussi pleins, car ce sont ces personnes qui ont rédigé l'Histoire.
Dans cette logique, je suis aussi susceptible de contribuer à l'Histoire, ou du moins, d'avoir une vie qui vale la peine d'être contée. Et vous aussi. C'est une chose extrêmement dynamisante que de se rendre compte qu'on peut avoir un destin tout aussi remarquable que ceux qu'on a admiré pendant des années. Qu'on peut même réaliser plus, mieux, plus vite.
Quelle est votre légende personnelle ?
Si j'avais entre les mains un roman qui raconte votre vie, et qu'on en soit à la page d'aujourd'hui, quelle serait la suite, et surtout, quel serait l'intérêt du roman ? Nombreux sont ceux d'entre nous qui se contentent d'une vie ressemblant à du Gustave Flaubert. Flaubert, pour ceux qui n'ont pas eu la chance de l'étudier, est un écrivain français qui avait pour projet littéraire, je cite, « d'écrire un livre sur rien ». Chose qu'il a d'ailleurs admirablement réussie au cours de son oeuvre,qui à l'image de l'existence de beaucoup, est passablement ennuyeux, vide de sens et de saveur.
Et pourtant, on peut être paysan, pêcheur ou équipier chez Mac Donalds et vivre une légende personnelle à couper le souffle. Ce qui compte ici n'est pas où on en est, ni où on va finir, mais plutôt comment on y va. Bien qu'un certain Christophe Colomb ait fini dépouillé de tout bien et soit mort dans l'indifférence générale, il est probable que l'histoire de sa quête éperdue du Nouveau Monde soit parvenue jusqu'à vous. D'autres sont nés princes, morts rois, et pas même leurs enfants n'ont cru bon de perpétuer leur mémoire.
Il est intéressant de constater que tous ceux qui ont laissé une « légende » possédaient un fort sens de leur mission personnelle, qu'ils aient réussi ou non à l'accomplir. Et ce n'est pas tant la mission en elle-même qui fait la légende (potentielle), mais l'acharnement dont on peut faire preuve pour l'accomplir.
J'ai un grand respect pour ce collègue de mon père qui, pendant trente exténuantes années de travail avait amassé suffisamment d'économies pour construire pierre par pierre la maison dont il rêvait pour sa famille, et est mort sur le seuil de la maison fraîchement peinte, foudroyé par une crise cardiaque à quelques jours de l'emménagement.
Que l'on considère son rêve avorté comme futile ou comme un cadeau inestimable à ses enfants, que l'on pense qu'il ait eu raison de se dévouer ainsi à ce rêve ou qu'il aurait plutôt dû « profiter de chaque instant », que ses enfants lui soient reconnaissants ou pas... Force est de constater que la légende personnelle de cet homme lui a survécu, car elle a marqué ceux qui le connaissait, elle m'a marqué, et elle est même arrivée jusqu'aux quelques milliers de lecteurs de cet article.
En faisant le rapprochement entre mes success story favorites, j'ai relevé quelques axes intéressants :
Une mission clairement définie,
Une motivation à toute épreuve,
L'affranchissement d'une condition difficile
Notons qu'il ne s'agit pas des ingrédients de la « réussite » au sens habituel, mais plutôt d'éléments pour vivre pleinement son potentiel.
Je développe ces points dans la suite de l'article : Vivez votre légende personnelle !
7 Commentaires Ajoutez un commentaire !
1. Julien | Ã 23:12
Ca, j'adore! Probablement un des meilleurs articles que j'ai lu ces derniers mois! Merci.
2. M | Ã 00:36
C'est à travers le cheminement que réside la finalité.
Au delà de la symbolique de la légende, l'important dans votre texte est le replacement de l'individu au centre des réalités - puisqu'elles sont multiples -. Il est nécessaire de réaffirmer l'esprit et la volonté, qui nous permettent de transpercer les logiques sociales - qui souvent appauvrisses l'esprit - afin de nous élever vers une réflexion de sens et d'humanité. La détermination de notre compréhension nous donne le choix de nous accepter et de nous prendre en main. Identifions nous comme êtres penseurs, alors nous concevrons la souffrance comme un bonheur et notre vie prendra un sens.
Merci pour ce message philosophique, indispensable à la volonté d'évolution du monde.
3. dan | Ã 14:53
Merci pour cet article SBN.
Le paradoxe, c'est que pour que notre vie vaille la peine d'être contée (donc, par les autres), il faut avoir une mission qui soit personnelle (donc être honnête envers et agir selon le jugement du gars qu'on voit dans le miroir tous les matins).
4. SBN | Ã 16:02
C'est un point très intéressant que tu abordes ici dan, j'en parlerai dans la suite de l'article.
5. haykel | Ã 20:04
On lisant cet article fort intéressant, il me vient la réflexion suivante (peut être suis-je un peu hors sujet) pourquoi diable veut t'on laisser une légende personnelle derrière nous ? Est ce par orgueil ? A t'on tellement peur de la mort qu'on a envie de rester un peu immortelle en laissant notre souvenir dans l'esprit des gens ?
Tout cela me semble un peu superficiel, ne vaut t'il pas mieux vivre notre vie le mieux qu'on peut sans se soucier de ce qu'on dira après notre mort ?
J'ai envie de dire après moi le déluge.
6. dusk | Ã 01:35
Monsieur
Votre site et la puissance de votre réflexion forcent le respect ! Pouvez vous m'aider dans mon projet dusktildawn.canalblog.com? je fais quelque chose de plus inélégant, je vous préviens !
7. Oxymore | Ã 14:47
J'aurais tendance à être pessimiste à la lecture de cet article. Peu de gens réuniront les conditions nécessaires pour avoir une légende personnelle. A mes yeux, c'est notre vécu antérieur qui nécessite la création d'une légende personnelle. Qui a des besoins, des désirs, assez intenses pour s'enflammer, comme dans le dernier exemple, pendant trentes ans. ?
A la lecture de ces termes, "légende personnelle", je pensais à l'Alchimiste, de Coelho. Et ce passage sur le marchand qui vit mécaniquement. Passant à coté de sa légende personnelle. Ca me semble être le lot de la plupart.
Je pense aussi à l'individuation chez Jung, quand il dit que peu sont condamnés - puisque c'est une condamnation, une fatalité, la légende personnelle - à devenir indiviidués.
Mais mettons que ces pensées sont la compensation de ce texte qui se veut positif pour tous. Et que je suis un incurable pessimiste :D.
Mais je souhaite pourtant que ce message touche le plus de monde possible. Merci à toi, SBN, donc.
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